Bruges Audition | La mesure In-Vivo
Audioprothésiste spécialiste des acouphènes, Gabriel ROVIRA a créé un centre d’audioprothèse de qualité en proposant des appareils à la pointe de la technologie, avec un service personnalisé. L’équipe familiale de Bruges Audition vous accueille pour un dépistage auditif gratuit et une analyse de vos besoins, grâce a un accompagnement sur-mesure pour vous apporter la meilleure solution auditive.
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La mesure In-Vivo

La mesure In-Vivo

Aurical FreeFit de Natus

« The clear implication is that if you want to know what the actual hearing aid is doing on the patient who is going to be wearing it, you need to make a validation measurement in situ. » DB Hawkins & JA Cook 2003(1)

Les premières mesures in vivo sont apparues il y a 70 ans aux Etats-Unis avec WEINER F.M. et ROSS D.A. en 1946(2) avec l’intention de placer un petit microphone au fond du conduit auditif externe qui va servir à comparer un second microphone placé sur l’oreille controlatéral à l’entrée du conduit auditif. La naissance de la mesure de la résonnance et du gain d’insertion est née.

C’est dans le milieu des années 80, avec l’apparition de sondes flexibles en silicone permettant de laisser le microphone à l’extérieur du CAE et l’utilisation d’une procédure d’étalonnage (effet du tube et local), que la possibilité fut donnée à l’audioprothésiste d’effectuer des mesures dans son laboratoire (RASTRONICS, 1984)(3).

Aujourd’hui, trois fabricants proposent des chaînes de mesures avec un module in vivo : Interacoustics, Natus et Sivantos.

Nous pouvons donc nous poser la question, pourquoi utiliser l’in vivo dans nos pratiques ?

Qu’est ce que la mesure In Vivo ?

Le principe de la Mesure In Vivo (MIV, acronyme qui va être utilisé tout le long de l’article) est donc de mesurer le niveau d’intensité au fond du conduit, en prenant ainsi en compte le couplage du conduit auditif externe du sujet. En effet une même aide auditive réglée de la même manière, donnera, dans deux conduits auditifs différents, deux réponses différentes au niveau du tympan. Cette méthode permet donc, en autre, de prendre en compte la résonance du conduit auditif externe, propre à chaque individu.

Ainsi il est difficile de connaître le gain exact qu’apporte l’aide auditive. En effet, avec le logiciel fabricant on ne connaît que l’amplification « électrique » délivrée par l’appareil, et non l’amplification réelle due à cette amplification « électrique » associée à un couplage unique. C’est à partir de ce constat que la mesure du niveau d’intensité à proximité du tympan a vu le jour.

C’est à ce jour la seule mesure objective réalisée avec le patient dans un centre auditive !

Regardons à présent quelle mesure peut-être mesurée avec notre dispositif ;

Mesures réalisables
REUR : Réponse en fréquence du conduit auditif externe non appareillé
à une stimulation donnée.
REOR : Réponse en fréquence de l’oreille occluse par l’aide auditive
éteinte.
REAR : Même chose que le REOR sauf que l’aide auditive est active.
REIR : Différence en décibels entre le REAR et le REUR, avec les mêmes
points de mesure et les mêmes conditions de champ sonore. (ANSI S3.46-1997)

RETSPL : (Reference Equivalent Threshold Sound Pressure Level)

REDD : Real-Ear to Dial Difference : C’est la différence en dB pour chaque fréquence
entre le niveau SPL mesuré au tympan et le niveau HL donné par l’audiomètre.


Schéma expliquant les différents termes tiré des précis d’audioprothèses (4)

Positionnement de l’In Vivo

Avant tout positionnement de tube, une otoscopie au préalable est nécessaire, afin de constater si la présence de cérumen ou de corps étranger pourrait influer sur les mesures en changeant le volume du CAE et en induisant une absorption du son. Par ailleurs, la présence de cérumen mou peut boucher la sonde. Il est nécessaire d’observer la géométrie du CAE (évidement, direction, perforation, opération, malformation, etc.) pour appréhender le risque d’éventuelles modifications acoustiques et d’en imaginer l’incidence sur la courbe de réponse.

Ceci étant fait, nous pourrons commencer la mise en place du module in Vivo ;

  • Placer ou changer le tube en silicone sur le port du tube, pousser et tourner en même temps délicatement le tube sonde aussi loin que possible sur le port.
Image tirée du guide d’utilisation du Freefit de Natus p.10 (5)
  • Placer la sonde sur le site de test pour la calibration des tubes (voir photo ci-dessus)
  • Placer les sondes et microphone de référence sur l’oreille du patient
  • Placer le patient à environ 1 mètre du Haut-parleur dans le champ direct de cette dernière à azimut 0° à 45°.
  • On peut lancer l’étalonnage, si l’étalonnage du tube échoue, vérifier si les tubes sont bloqués (pincés ou obstrués) et essayer d’éliminer les sources de bruit ambiant.
  • On peut passer donc au placement des tubes dans l’oreille du patient, il est important d’insérer correctement et profondément le tube de test dans l’oreille du patient, à chaque mesure.
  • Placer la bague de repérage noire à la distance recommandée par rapport à l’embout du tube sonde.
  • Pour éviter de toucher la membrane du tympan, il convient de ne pas insérer le tube sonde à moins de 4mm de celle-ci.
  • Les distances recommandées reposent sur les longueurs moyennes complètes des conduits auditifs, avec le point de référence à l’ouverture du conduit auditif; Homme : 25/29mm, Femme : 22/26mm, Enfant de plus de 6 mois 18/22 mm (Les distances reposent sur ISO 12124:2001(6), Wayne Staab, July 7, 2014.(7), et Voss SE, Herrmann BS, 2005(8))
  • Insérer soigneusement le tube sonde dans le conduit auditif jusqu’à ce que la bague de repérage noire atteigne l’incisure intertragique. (voir photo ci-contre)

La distance entre la sonde et le tympan doit être comprise entre 2 et 6mm (si possible dans la partie basse du CAE) et si cela est réalisable à 5 mm minimum au-delà de la sortie son de l’ACA. Si ce n’est pas le cas, il peut y avoir des erreurs de mesure entre 4 et 8 KHz montré par Guemas C., Gerbaud G, 2012(9).

Toutes les mesures effectuées doivent être réalisées dans des conditions spécifiques et rigoureuses données par Dodele L. et Dodele D.,1999(10) :

  • Local de mesure peu réverbérant
  • Bruit de fond le plus faible possible et à minima inférieur de 5 dB à l’intensité du signal de test
  • Absence d’obstacle ou de présence humaine dans un rayon de 1m
  • Immobilité du patient et silence requis pendant les mesures

Nous pouvons donc mesurer après avoir fait attention à toutes ces étapes les mesures qu’on souhaite aux patients.

Les intérêts de l’In Vivo

Tout d’abord, la MIV est une « nécessité » pour les patients dans leur démarche d’acquisition de solution auditive, en corrélation avec l’étude de Consumer Reports magazine de Juillet 2009(11), il est primordial de mettre en lumière que deux tiers des appareils auditifs sont mal adaptés et pourraient mieux l’être avec la personnalisation des réglages après utilisation de la MIV. En effet, des chiffres montrent explicitement cette différence avec et sans personnalisation, soit 33% des personnes appareillées atteignent la cible sans mesure In Vivo contre 85% avec mesure.

De plus, l’utilisation de la MIV améliore la satisfaction du patient vis-à-vis de ses aides auditives après réalisation des tests, ainsi le patient est considéré en tant que personne et sa surdité pris au sérieux, appuyé par l’étude sur le marché de l’audioprothèse par Knochkin S., 2010(12). Cette satisfaction n’est pas négligeable, puisque la relation de confiance avec nos patients est une priorité si l’on veut pratiquer de manière pérenne notre métier.

Un mémoire bien mené par MARMORAT C., 2016(13), a fait un état des lieux de la pratique de la MIV par les audioprothésistes et étudiants en France, et, pour les audioprothésistes pratiquants cette méthode, il en ressort plusieurs bénéfices comme un gain de temps, une démarcation par rapport à nos confrères, et une meilleure satisfaction des patients couplée avec des meilleurs résultats de gain prothétique.

L’inconvénient de l’In Vivo

Afin de nuancer nos propos, car on peut noter des inconvénients dans ce dernier qu’il est difficile, voir impossible de réaliser une MIV en présence de cérumen dans le conduit auditif externe, puisqu’il peut boucher entièrement voir partiellement la sonde et ainsi entrainer des erreurs, Dillon H., 2012(14)

Dillon H. et al. nous informent également qu’en présence d’un bruit de fond, les tests sont également faussés, et nous perdrons ainsi tous les intérêts, voir si on ne le remarque pas, une dégradation de notre prise en charge audioprothétique.

Au final, il peut donc il y avoir un inconvénient pour la MIV si toutes les conditions ne sont pas respectées pour une mesure sereine du conduit du patient.

Conclusion

Les améliorations dues à la MIV sont réelles et significatives. Il est important de noter que dans les cas sans amélioration, aucune dégradation des performances n’a été prouvée. La MIV répond bien au
principe essentiel de ne pas faire de mal. En effet, dans le meilleur des cas, la MIV optimise le confort et la compréhension.

Toutefois, la MIV ne doit pas remplacer toutes les autres méthodes de contrôle du gain prothétique. En effet, cet outil n’est pas le seul moyen de régler des appareils : l’empirisme contrôlé réalisé avec expérience, exigence et écoute du patient permet d’obtenir des réglages très proches des cibles.

Nous pouvons constater que les moyens technologiques s’améliorent et évoluent au fil des années pour devenir jusqu’à nécessaire à la bonne pratique du métier. C’est pourquoi il serait intéressant de voir l’évolution de la pratique de la MIV dans le futur.

Bibliographie

(1).https://journals.lww.com/thehearingjournal/Fulltext/2003/07000/Hearing_aid_software_predictive_gain_values__How.5.aspx

(2) The Journal of the Acoustical Society of America 18, 401 (1946); https://doi.org/10.1121/1.1916378

(3) Venema, Theodore (2014). « Real Ear Measures Today: Do We Truly Follow Fitting Methods? » (PDF). Canadian Hearing Report9 (4): 10.

(4) Précis d’audioprothèse, Le choix prothétique, Tome II, p 44 à 56.

(5) Guide utilisateur Natus Aurical FREEFIT p.10, https://www.manualslib.fr/manual/18085/Natus-Aurical-Freefit.html?page=10#manual

(6) https://www.iso.org/obp/ui/#iso:std:iso:12124:ed-1:v1:en

(7) Wayne Staab, The Human Ear Canal -V, July 7, 2014

(8) Voss SE, Herrmann BS. How does the sound pressure generated by circumaural, supra-aural, and insert earphones differ for adult and infant ears? Ear Hear. 2005

(9) GUEMAS C., GERBAUD G. Vérification du gain et de l’adaptation prothétique par la
méthode in vivo. Les Cahiers de l’Audition, 2012 ; N°6 : p 18 à 23

(10) DODELE L., DODELE D. La mesure in vivo et in vivo simulé. Les cahiers de
l’Audition, sept/oct 1999 ; Volume 12, N°5 : p 9 à 23

(11) Hear well in a noisy world. Consumer Reports Magazine. July 2009 : p 32 à 37
http://www.consumerreports.org

(12) KOCHKIN S. (2010). MarkeTrak VIII: The impact of the hearing healthcare
professional on hearing aid user success. The Hearing Review, 17(4), 12, 14, 16, 18,
23, 26-28, 30, 32, 34

(13) http://www.blog-audioprothesiste.fr/wp-content/uploads/2017/01/M%C3%A9moire-C.MARMORAT.pdf

(14)DILLON H. Hearing Aids. Chapter 4: Electroacoustic performance and
measurement. p 113. 2012. Boomerang Press. Sydney

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